au lycée professionnel Pierre et Marie Curie

Projet de classe flexible au lycée professionnel de Freyming-Merlebach (académie de Nancy-Metz)

Un témoignage de Marjorie Tonnelier et Léa Collet, enseignantes de Lettres-Histoire-Géographie et EMC avec le concours de la Dane de Nancy-Metz.

Contexte

Le projet de classe flexible débute en mai 2017. Il s’inscrit dans le contexte de la fin de la 1ère année du dispositif lycée 4.0. L’établissement a intégré la Vague 1 des lycées et a donc testé le numérique via l’équipement personnel des élèves, le Wi-Fi et les manuels et ressources numériques.

Cette 1ère année dans le dispositif a mis au jour le manque d’ergonomie des salles de classes « autobus » et la nécessité de repenser nos pratiques pour intégrer de façon plus efficace et pertinente le numérique.

Le Lycée Pierre et Marie Curie est un Lycée professionnel dans lequel les salles n’avaient pas été rénovées depuis de nombreuses années et dans lesquelles le mobilier (tables, chaises) datait et n’était plus forcément adapté à la taille des élèves les plus grands.

En outre, les tables ne permettaient pas l’utilisation simultanée d’un cahier et d’un ordinateur.

Le projet

Article du républicain Lorrain du 6 septembre 2019

Réunions

Une réflexion a donc été menée par Mme Tonnelier, en prenant appui sur les documents et des articles du site Archiclasse ainsi que sur des ouvrages traitant de la classe flexible et de la classe mutuelle.

  • Plusieurs réunions ont eu lieu avec le proviseur adjoint de l’époque et le gestionnaire de l’établissement.

D’autres moments ont été consacrés à des discussions informelles avec les enseignants qui voulaient travailler dans cet espace : évaluation des besoins de chacun.

Réflexions autour du mobilier et des travaux à prévoir

  • Un projet a été rédigé et le choix a été au départ d’utiliser au maximum les ressources existantes dans le lycée avant d’acheter du mobilier neuf : des tables individuelles ont remplacé les tables de la salle choisie.

Il a été décidé également d’acheter un mange-debout et des tabourets pour permettre aux élèves qui le désiraient de travailler sur un autre type de mobilier.

Ensuite, le réaménagement a commencé par une mise en peinture. Les couleurs ont fait l’objet de recherches afin de permettre une meilleure concentration. Le choix s’est porté sur un orange dynamique sur un pan de mur et un gris apaisant pour les autres murs.

Réflexion pédagogique

En parallèle, les pratiques pédagogiques ont été interrogées. Différentes modalités telles que la classe inversée, la classe accompagnée et une variante de la classe mutuelle ont été testées tout en continuant de pratiquer des temps de cours dialogué.

  • L’aménagement « flexible » de la salle de classe devait permettre de moduler l’espace en fonction des activités proposées.
    Durant l’année, des moments de bilan ont été proposés entre collègues et avec les élèves.

Certains collègues ont préféré revenir à leurs méthodes de travail traditionnelles tandis que d’autres ont poursuivi l’expérience jusqu’à la fin de l’année.

Interrogés, les élèves de la classe test ont, dans leur majorité, dit apprécier les nouvelles méthodes de travail. Cependant une partie des élèves n’a pas adhéré. Si les élèves ont tous été unanimes et ont dit beaucoup apprécier le nouvel aménagement de la salle, ils n’ont pas toujours saisi les possibilités qu’elle offrait.

La salle A109

Avant



Après




L’année 2

Les élèves les plus intéressés par le projet ont également été interrogés et il a été décidé de poursuivre l’aménagement en année 2 en incluant une dimension « bien-être » avec d’autres éléments tels que des coussins d’assise, un pouf, une table basse, des ballons de gym et des tabourets mobiles, casques anti-bruit, balles antistress, etc.

  • Une deuxième salle a ensuite été créée, sur le modèle de la première mais à destination d’une classe d’entrants en Seconde ASSP avec une nouvelle équipe qui utilisait déjà des méthodes de travail innovantes et qui s’est constituée dans le but de tester ces modalités dès la seconde et sur trois ans.

Les élèves de cette classe : 28 élèves aux profils très hétérogènes et d’une énergie débordante ont adhéré immédiatement au projet et utilisent volontiers les différentes ressources mises à leur disposition : tableaux additionnels, pouf, ballons, tabourets mobiles…mais il est à noter que les différentes modalités de travail prévues par la transformation de la voie professionnelle : co-intervention, accompagnement personnalisé, chef d’œuvre (en CAP pour l’instant) ont largement favorisé l’utilisation différente de l’espace.

Les élèves de la classe de CAP avec lesquels l’expérience a été menée en parallèle ont également rapidement adhéré au projet. Certains d’entre eux venaient d’une section ULIS où l’espace intégrait déjà des aménagements proches de ceux proposés par la salle flexible.

La salle B 201

Après




Les coûts humains, matériel et financier

- Le coût total de l’aménagement des deux salles s’établit à moins de 2000 euros (voir projet annexe).

- Les agents de l’établissement et les enseignants, ainsi que des élèves se sont mobilisés à chaque étape.

- Le gestionnaire, M. Bony a beaucoup facilité la mise en place du projet.

Perspectives

- Une 3ème salle « ultra flexible » va voir le jour, spécialement prévue et conçue pour des effectifs réduits (15 élèves max).

- Elle sera dotée d’un mobilier neuf et profitera des expériences menées précédemment.

- Un budget région a été accordé pour mener à bien ce projet.

Annexe : retrouvez le projet complet de classe flexible